Les Chroniques de Lucullus n°681

Publié dans Les chroniques.

Amis gourmands bonjour,

Un taureau limousin d'exception aux enchères
C'est à Lanaud en Haute-Vienne, non loin de Limoges que se sont tenues les enchères. Lanaud est connu pour être le pôle de qualification nationale du herd-book limousin. En clair c'est le siège du répertoire génétique de la race limousine. Les meilleurs veaux y sont rassemblés pour mesurer leurs performances avant d’être vendus aux éleveurs..

Lanaud connaît aussi des ventes aux enchères pour les vaches et les taureaux. Lors d'une des dernières sessions Volcan RJ, du Gaec Murat Père et Fils a particulièrement brillé et a été adjugé au prix de 22.500 €. Volcan, fils de Tambour RJ sur Paquerette RJ, est, selon le pôle direction du centre, un animal très développé, profond et épais, avec un bassin bien ouvert.

Le Gaec Murat Père et fils a été particulièrement mis à l'honneur, montrant ainsi la capacité de l'exploitation à produire l'excellence en matière génétique. Un autre taureau, Vancouvert RJ, fils de Tchoupi TabsPS sur Navette RR a été adjugé à 18.100 €. Là aussi les critères sont excellents :"C’est un très bon jeune taureau d’un excellent volume, performant en station […]. Il est long, profond, avec une excellente finesse d’os et un excellent quartier arrière."

Avec ces prix de très haut niveau, Lanaud confirme sa stature internationale et sa capacité à proposer des animaux d'exception, Volcan RJ a pris la direction de la Pologne et Vancouvert RJ celle de la Belgique.

Source : Web-agri par Alice Peucelle 

L’ingénierie génétique au secours des élevages
On parle là de génotypage, c'est à dire de la recherche de marqueurs génétiques de résistance à certaines maladies comme les strongyloses parasitaires digestifs (*) ou la paratuberculose. Car, comme le dit l'article, il vaut mieux prévenir que guérir.

Le CNRS (*), les GDS (*) et l'ANR (*) travaillent à la recherche de solutions. Le GDS de Vendée a évalué le typage sur la santé vétérinaire. Si les travaux sont prometteurs, il en est certains qui sont déjà en exploitation. C'est le cas du génotypage de la résistance à la paratuberculose. Ce génotypage ouvre des perspectives pour la détection d'animaux résistants aux strongles digestifs. Les recherches visent à trouver des marqueurs génétiques associés à la résistance à un pathogène.

Le travail du GDS Vendée a permis d'identifier des gènes résistant à la paraturberculose. C'est une maladie insidieuse, sans traitement curatif dont il est très difficile de s'en débarrasser. L'impact estimé pour un troupeau de 100 bovins est de l'ordre de 10.000 à 20.000 € par an.

le typage permet de classer les animaux selon 4 catégories : très sensible, sensible, standard ou résistant. La génétique permet donc de guider les cheptels. Pour les races normande et prim'Holstein, il est maintenant possible de sélectionner un taureau RPTB c'est à dire résistant à la paratuberculose.

Il est également possible de connaître le statut de ses vaches, ce qui rend possible une prévision génétique du troupeau.
Je cite :
À horizon 2028, il devrait être disponible pour l’Abondance, ainsi que pour huit autres races allaitantes : la Blonde d’Aquitaine, la Rouge des Prés, la Parthenaise, la Limousine, la Gasconne, la Bazadaise, l’Aubrac et la Salers.

Autre maladie où le génotypage peut intervenir : les strongles digestifs
Là aussi la recherche se penche sur ce problème et cherche à établir un génotypage relatif à la résistance aux strongles digestifs des races bovines. C'est le but du projet Giverni

Je cite le directeur du GDS 52 :
"L’étude est en cours. Les ingénieurs sont en train d’analyser les jeux de données dont ils disposent. Les premières estimations de l’héritabilité manquent encore de précision pour être diffusés, mais ils sont prometteurs".

Mais que sont les strongles digestifs ?
Les strongles digestifs sont des vers ronds (nématodes) qui parasitent l’estomac et les intestins des bovins, ovins et caprins. Ils sont responsables des strongyloses gastro-intestinales, des maladies souvent associées à un polyparasitisme.. Le plus fréquent en élevage est Ostertagia ostertagi, responsable de l’ostertagiose. Ces parasites se développent principalement chez les animaux au pâturage.
Il existe deux formes principales :
• Ostertagiose de type I : troubles digestifs légers à modérés, diarrhée verdâtre, rarement mortelle.
• Ostertagiose de type II : réactivation de larves enkystées en fin d’hiver, forte mortalité possible.

Je vous renvoie au site Alliance et surtout GDS52 pour les détails techniques

CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
GDS : Groupement de Défense Sanitaire
ANR : Agence Nationale de la Recherche

Sources : Web-Agri / Alice Peucelle, Alliance-élevage / Christelle Dubois-Frapsauce , GDS52 

Une production méconnue, le lapin
Les chiffres datent un peu, 2021, mais je n'ai rien trouvé de plus récent.
La France a produit 30.200 tonnes équivalent carcasse (TEC) a exporté 3.928 TEC et importé 1333 TEC. La France a exporté pour 18.8 millions d'euros et importé pour 4.4 Millions d'euros.

Les principales zones d'élevage sont à l'ouest, en Vendée (85), Maine-et-Loire (49) et Deux Sèvres (79) mais aussi la Bretagne avec notamment le Morbihan (56) et les Côtes d'Armor (22) et la Manche (50).
Tout cela représente 90.000 équivalent temps plein (ETP).

L'élevage des lapins se fait en clapier pour la quasi totalité de la production. Les conditions d'élevage sont assez déplorables selon moi mais de gros efforts son faits par la profession pour améliorer les choses. Qui dit clapier dit concentration d'animaux et donc maladies. Une des plus courantes est la maladie hémorragique virale du lapin (VHD) ou RHD en anglais.

Une étude, citée en lien, montre que pour beaucoup, il y a récidive dans les élevages et qu'il convient de traiter ce problème. Je cite :
"L’étude SURVRECI, associant l’Anses, l’ITAVI, le CLIPP et les groupements cunicoles, vise à réduire le nombre de récidives de VHD en élevage en renforçant les mesures de gestion des foyers et en améliorant les connaissances sur l’épidémiologie de la maladie due au génotype RHDV2 via l’analyse génomique des souches de virus isolées".
C'est un peu technique mais bon à lire.

Sources : Itavi , Inrae, Itavi-publication

Quelques analyses de cours
Les prix sont du 08/01/2026
Le blé tendre est orienté à hausse : +2€ la tonne avec un prix moyen autour de 189 €/T ;
Le blé dur (pâtes) est bien orienté avec un prix moyen autour de 255 €/T ;
Le Colza en France s'essoufle un peu autour de 470 €/T ;
Le Maïs connaît un léger rebond autour de 190 €/T ;
L'Orge brassicole d'hiver est morose selon les analystes à 183 €/T ;
L'Orge mouture ou fourragère est sous tension autour de 192 €/T ;
Le Pois alimentaire connait un rebond dans un contexte lourd autour de 225 €/T ;
Le Pois fourrager dans le même contexte est à 220 €/T ;
Le Tournesol est toujours sous tension et en légère baisse à 605 €/T.

Source : Plein-champ

Dernières nouvelles du SIA 2026
Les vaches seront absentes sur le Salon International de l'Agriculture 2026 non pas pour un boycott comme certains syndicats le disent mais sur décision des organismes de sélection à cause de la Dermatose Nodulaire Contagieuse. Une présence symbolique pourrait toutefois avoir lieu.

Source : Web-Agri

Le Coucou de Rennes, une race ancienne qui revit
Il y a une multitude de races de poulet. Je connaissais le coucou de Maline (Belgique) mais point celui de Rennes.
L’association des producteurs de poulets "Coucou de Rennes" œuvre à la pérennité de cette vieille race locale. Elle est organisée en micro filière. Elle produit ses poussins et les élève pendant 130 jours avant l'abattage et la commercialisation tant aux professionnels qu'aux particuliers.

Un petit descriptif s'impose :
Ancienne race bretonne, le coucou de Rennes est une volaille appréciée tant pour sa chair que pour ses œufs. C'est un animal à chair ferme et au goût de noisette selon les spécialistes. Son large plumage est barré comme celui du coucou des bois, de Malines ou des Flandres.

C'est en 1914 que son standard a été validé par le Ministère de l'Agriculture. Après la deuxième guerre mondiale il a fallu nourrir les gens et le Coucou de Rennes ne correspondait plus aux normes de croissance.

En 1980 elle a été considérée comme disparue mais des particuliers en possédaient encore quelques uns. Petit à petit la race a été préservée grâce à l'Ecomusée de Rennes avec l'aide d'éleveurs amateurs.

C'est en 1997 que l'association des producteurs de poulets "Coucou de Rennes" a décidé de relancer l'élevage afin de sortir ce poulet de son musée.

A ce jour, ils sont 9 éleveurs à s'être lancés dans cette belle l'aventure. Claudine et Clovis Maheu, sont installés à Cherrueix (35) et en font partie tout comme Olivier Renault à Louvigné-de-Bais (35), président de l'association, en charge de la partie commerciale qui nous explique le fonctionnement de l'association :
"Cela nous permet de mutualiser le coût de conservation de la race et de faciliter la commercialisation avec des mises en place de petits lots suivant un planning établi afin qu’il n’y ait jamais de rupture de volaille pour nos clients. Ils ont un interlocuteur unique et nous mutualisons la communication".

Chacun au sein de l'association a son rôle. La reproduction et l'accouvage sont à la charge de la même éleveuse. L'association a investi dans un couvoir afin de sécuriser l'approvisionnement en poussins. Il naît entre 15.000 et 16.000 poussins par an et le rythme d'éclosion est de 15 jours. Ensuite chaque éleveur se déplace pour se fournir en poussins.

L'abattage est également réalisé dans un lieu unique situé sur l'exploitation d'Olivier Renault. Environ 150 poulets sont abattus chaque semaine après 130 jours d'élevage. Un mois avant l'abattage les poulets ont tous les jours du petit lait en complément alimentaire. Ce qui leur donne une chair plus fine comme le poulet de Bresse.

Clovis et Claudine Maheu sont éleveurs de poulet standard avec un atelier Coucou de Rennes. La vente se fait soit via l'association soit en vente directe. Pour Noël ils avait prévu un lot de 500 poulets. Le prochain lot arrivera en mars.

Le poussin du jour une fois arrivé sur l'exploitation restera 6 semaines en poussinière chauffée avant d'être transféré dans un autre bâtiment. Il pourra alors avoir accès à un parcours herbeux. Le cahier des charges leur impose 10m² par poulet.
La nourriture est composée à minima de 75 % de céréales non OGM produites ou non sur place. Il sera abattu avec un poids d'environ 2,5 kg de poids vifs c'est à dire avec les viscères.

Source : Paysan-Breton /Nicolas Goualan

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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