Les Chroniques de Lucullus n°605

Publié dans Les chroniques.

Amis gourmands bonjour,
Mes vœux et un peu plus
En ce début d’année 2022 je vous présente mes meilleurs vœux de bonheur de santé et de prospérité. Que cet an neuf nous apporte enfin le bout du tunnel de la pandémie.

Je forme le souhait de pouvoir de nouveau rassembler nos familles, nos amis, pour d’heureuses retrouvailles gourmandes. N’en doutez pas, les retrouvailles autour d’une table sont toujours les plus belles. C’est là qu’on refait le monde parfois avec quelques haussements de ton mais c’est notre nature râleuse qui le veut. Il faut savoir dépasser les différends pour pouvoir continuer à avancer tous ensemble. Bien sûr ce n’est pas facile, mais une bonne tablée arrange beaucoup de choses. La gourmandise est également dans notre nature rabelaisienne et c’est bien ainsi.

Tout au long de l’année je m’efforcerai de trouver des informations, des anecdotes relatives à l’art de vivre et au savoir faire de ceux qui nous font vivre. Je pense à tous les éleveurs, maraîchers, producteurs et transformateurs.

Il est très facile de toujours dénigrer la mal bouffe industrielle et les grands commerces . Pour la première, il y en aurait moins si les gens réfléchissaient avant d’en acheter, s’ils lisaient les étiquettes pour connaître ce qu’ils achètent et ce qu’ils mangent. Les étiquettes sont de plus en plus détaillées et même si l’on trouve des mots "barbares" leur signification est facile à trouver. Alors soyons attentifs et exerçons notre réflexion, privilégions les produits frais.

En ce qui concerne les hyper marchés, tant décriés aujourd’hui, n’oublions pas l’engouement qu’à suscité l’ouverture de la première enseigne il y a bientôt 60 ans. A titre personnel, j’en fréquente un et j’y trouve tout ce que je souhaite à des prix qui me conviennent. La nature du commerce change avec l’arrivée depuis plusieurs années du e-commerce. Les grandes enseignes s’adaptent car c’est ça la nature du commerce, apporter au client ce qu’il désire et cela le plus rapidement possible, dans ce monde qui ne sait plus vraiment prendre son temps pour vivre, ce monde où il en faut toujours plus et toujours plus vite.

La consommation est devenue une fringale, une addiction. Il ne faut pas en rejeter la faute sur quiconque sinon nous même. Arrêtons de courir, retrouvons la joie de vivre ensemble à un rythme humain. Il est frappant de voir la différence de comportement entre les citadins des grandes villes et les habitant des villes plus petites et ne parlons pas de la campagne. Arrêtons le dénigrement systématique des "ploucs" par les citadins et des "parisiens" par les autres citoyens de notre beau pays. Parisien, c’est le vocable où l’on regroupe tous les habitants des grandes métropoles sans vraiment savoir d’où ils viennent réellement. N’oublions pas qu’ils viennent souvent de la province et aspirent à y retourner pour le plus grand nombre d’entre eux.

Je disais plus haut que nous sommes dans un beau pays. C’est même un pays de cocagne où l’on trouve tout, grâce à la diversité de sa géographie, de ses terroirs, de ses cultures régionales et locales et par la diversité des ses habitants. Nous formons un peuple divers au sein d’une diversité encore plus grande, ne l’oublions pas. Je me sens partout chez moi, dans toutes nos régions et je ne parle pas ici de celles issues du découpage administratif. La Thiérache me plaît autant que le Vivarais, le Jura, le Léon, le pays Basque où la région niçoise. Nous apportons tous, les uns et les autres, nos différences, ce qui fait de nous un grand peuple, un grand pays, une grande nation. Chacune de ces régions a développé son histoire et ses coutumes. Au final c’est notre histoire commune qui s’est développée petit à petit au fil des siècles. Bien sûr il y a des soubresauts car le monde n’est pas un long fleuve tranquille. Bien sûr il y a des apports extérieurs qui peuvent parfois déranger et exacerber un sentiment de rejet. Mais au final le tout s’amalgame et nous avançons dans un monde de plus en plus proche de nous.

L’homme est un animal grégaire qui va toujours vers l’autre et qui cherche à s’en rapprocher. Lutter contre ça c’est lutter contre la nature humaine dans ce qu’elle a de plus profond.

Au-delà des vicissitudes politiques, qui ont toujours existé, regardons ce que nous apportent ces autres régions du monde, civilisation et culture, au rang de laquelle je mets la gastronomie. Pensez à la cuisine asiatique trop souvent qualifiée de chinoise car elle vient de "là bas", de loin. La gastronomie vietnamienne, thaïlandaise, japonaise, chinoise ont chacune leur particularité propre, leur histoire unique. La gastronomie européenne qui éclaire le monde depuis des siècles a toujours subi, que dis-je, absorbé, les influences extérieures et nos grands chefs le démontrent tous les jours. Ces influences sont italiennes, espagnoles, belges, sénégalaises, togolaises, marocaines, grecques libanaises, indiennes, thaï, balinaises, japonaises, mexicaines, péruviennes, américaines...

C’est çà l’instinct grégaire de l’homme, toujours aller voir ailleurs ce qui se passe et en tirer profit. Au final nous avons énormément de choses à partager et à apprendre autour d’une tablée bien remplie. Pensez-y, soyez curieux.

Alors, en cette année 2022, laissons libre cours à cet instinct et allons voir ailleurs que l’herbe n’est souvent pas plus verte que chez nous, elle a un goût différent et ça c’est chouette !

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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