Les Chroniques de Lucullus n°392

Écrit par Lucullus. Publié dans Les chroniques.

plumeAmis gourmands bonjour,

Pêches durables
On râle souvent sur la Bretagne, ses élevages de porcs hors normes, hyper-polluants.
La Bretagne ce n'est pas que la pollution des porcheries.
Il serait injuste de limiter cette région à ce problème.

Sortons donc des poncifs et parlons de bretons soucieux de leur environnement et de protection de la nature sans pour autant abandonner leur profession, celle de pêcheurs.
Car si les actions entreprises par ces derniers sont bonnes pour eux elles le sont tout autant pour nous.

Les sardiniers de la Bretagne Sud se sont convertis à la pêche durable et à ses bonnes pratiques.
Grâce à leurs longs filets tournants (bolinches) et à leurs zones restreintes, les voilà certifiés.
Douarnenez ou l'île d'Yeu en sont les preuves.

Les marins y trouvent leur compte et les poissons aussi.
La pêche est moderne avec sonar pour pouvoir trouver les bans et poser sa bolinche.
La bolinche est un grand filet rond, une sorte d'épuisette géante, qui n'abime pas la sardine.
Cette pêche se pratique de nuit quand le poisson remonte.

On parle aussi pêche au lasso, presque une chasse à la sardine. Ce sont les marseillais qui doivent être verts peuchère.
La pêche responsable c'est aussi une taille de bateau limitée à 17m, des horaires et des fréquences de pêches strictes (pas le weekend ou les jours fériés) c'est aussi une quantité limitée à 20 tonnes par sortie...
je crois bien que les éleveurs de porcs devraient prendre exemple sur leurs voisins pêcheurs.
Ne croyez vous pas?
Misons sur la qualité et non sur la quantité!

The big one laitier
En parlant de quantité je repense à ce projet de ferme monumentale de 1000 vaches près d'Abbeville.
Alors oui ,le chiffre paraît hallucinant mais le projet, à mon sens, requiert de l'attention.
1000 vaches mais pas moins de 1750 bovins si l'on compte les génisses et les veaux.

Afin de recycler les rejets animaux, la ferme possèdera le plus grand méthaniseur d'Europe d'une puissance de 1,5 mégawatts.
Cela inquiète naturellement les habitants proches de cette ferme usine.
On les comprend. Tous les risques sont ils pris en compte?

En ce moment ce sont les politiques les plus à gauche qui montent aux créneaux pour combattre cette implantation où la première traite est attendue pour avril 2014.
Le patron faussement naïf mentionne cependant que son projet est totalement dans les normes.
Je suis curieux de visiter les installation et l'exploitation.

Ici, la démesure, là, la pénurie.
La faim détruit encore des populations entières sur notre terre alors même que nous détruisons des quantités monstrueuses de nourriture consommables. Quand je dis nous je ne pense pas qu'aux européens ou américains.
Depuis que cet épineux problème du gaspillage est devenu important, on s'aperçoit que partout dans le monde on gaspille.
Cependant il existe des nouvelles qui donnent de l'espoir.
L'insécurité alimentaire recule dans le monde, selon les derniers chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), rendus publics mardi 1er octobre.
Sur la période 2011-2013, 842 millions de personnes ont souffert de faim chronique, soit 26 millions de moins qu'entre 2010 et 2012.
Depuis le début des années 1990, le nombre de sous-alimentés a baissé de 17 %.

Grâce au traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture adopté en 2001. Des progrès sont réalisés mais ils sont ténus
Entré en vigueur en 2007, il s'appuie sur la notion de "bien commun" et instaure une exception à la convention sur la diversité biologique, qui privilégie, elle, la souveraineté nationale.
Faute de moyens et de volonté politique, ce "traité des plantes" est loin de donner les résultats escomptés.
Les 129 pays ayant ratifié ce traité se sont réunis à Mascate (Oman) pour redonner un élan à ce projet, mais à trop discuter, seul un sursis de deux ans a été possible.
Ce traité permet de partager les ressources et de créer ainsi de véritables réservoirs de graines.

Aucun pays ne se suffit à lui-même en termes de ressources phytogénétiques; tous sont tributaires de la diversité génétique des plantes cultivées originaires d'autres pays et régions.
La coopération internationale et la libre circulation des ressources génétiques sont donc essentielles pour la sécurité alimentaire.
Le partage équitable des avantages découlant de l'utilisation de ces ressources a pour la première fois été mis en œuvre dans la pratique au niveau international à travers le Traité et son Accord type de transfert de matériel. (http://www.planttreaty.org/fr)

Les abeilles et les escargots
Une menace de plus pour nos abeilles et celle ci nous vient d'Asie et a pour nom "Frelon asiatique."
Cette grosse bestiole, depuis peu arrivée dans nos contrées, est un véritable fléau car elle est très friande d'abeilles.
Tout à presque a été fait pour l'éradiquer depuis 10 ans, date de son arrivée.
Mais il est trop tard car le frelon asiatique fait maintenant partie de la biodiversité des nos campagnes.

Faut -il baisser les bras?
Non bien sûr et que ce soit en Alsace ou en Aquitaine des paysans font preuve de jugeote et d'initiative.
C'est le cas de Francis Ithurburu qui a trouvé un prédateur naturel à ce frelon en l'occurrence des poules
Propriétaire lui même de ruches, il s'est souvenu que, du temps de ses grands parents, les poules côtoyaient les ruches et qu'ainsi il y avait moins de prédateurs pour les abeilles et plus de nourriture pour les poules.
Certes les poules en becquettent quelques unes, des malades, des abeilles en fin de vie mais surtout le poulet est friand du frelon asiatique qui pour lui est une belle proie.
La nature est bien faite et lorsqu'on l'observe on peut en tirer des bénéfices
il existe une vidéo de cette expérience
http://www.youtube.com/watch?v=QeVqyuSI4wE

Comme monsieur Ithurburu, monsieur Rouchon à Mars en Ardèche utilise les ressources de la nature pour protéger sa culture d'escargots.
Certes un filet protège son élevage des oiseaux mais il ne peut rien contre les sangliers, eux aussi gourmands d'escargots. Alors que faire?
Mettre des chevaux à proximité même des parcs d'élevage est la solution trouvée par cet héliciculteur.
Là où il y a des chevaux, les sangliers ne viennent pas m'a-t-il expliqué cet été.
Non pas que sanglier et cheval fassent mauvais ménage mais c'est chacun chez soi et les escargots seront bien gardés.

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.

Gastronomiquement Votre, Lucullus

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