Les Chroniques de Lucullus n°691

Écrit par Lucullus. Publié dans Les chroniques.

Amis gourmands bonjour,

Le lapin de garenne est-il un nuisible ?
Sans aller jusqu'à dire ça il faut bien reconnaître que la prolifération de cet animal peut engendrer des dégâts fortement préjudiciables.

A cet effet la DDTM (*) de l'Hérault a publié une plaquette pour aider les agriculteurs à lutter contre cette menace. Elle s'accompagne d'un rappel méthodologique de la Chambre d'agriculture : "l'efficacité de la régulation dépend avant tout du respect d'un ordre d'intervention précis".

Effectivement il ne faut pas faire n'importe quoi et les zones agricoles sont classées en zone rouge ou zone orange. Les possibilités de traitement du problème ne sont pas les mêmes selon la zone.
Je cite :
• En zone rouge, où le lapin est classé espèce susceptible d'occasionner des dégâts (Esod), chasse, furetage et piégeage sont tous autorisés, ce dernier étant possible toute l'année par des piégeurs agréés.
• En zone orange, le piégeage n'est en revanche pas autorisé, et les périodes de chasse et de furetage sont plus restreintes.

Si, malgré les dispositions prises, les dégâts persistent, l'agriculteur peut faire appel aux louvetiers agréés. La DTM donne d'autres conseils préventifs comme la pose de clôtures adaptées et le débroussaillage des zones refuges.

On voit bien que l'ordre d'intervention est primordial. En premier lieu le furetage puis les tirs pour déloger les lapins de la garenne puis la destruction rapide de la garenne en elle même sinon, dès le furetage terminé, les lapins se réinstalleront et tout sera à recommencer.

La DTM de l'Hérault consciente du phénomène a prolongé l'ouverture de son formulaire pour les propriétaires souhaitant bénéficier de furetage. Elle encourage une mise en œuvre rigoureuse de cette méthode sur l'ensemble du territoire.

(*)DDTM : Direction départementale des territoires et de la Mer

Source : PresAgrimed/Manon Lallemand 

Connaissez vous vraiment l'oignon ?
Voilà bien un élément important de notre gastronomie mais le connaissez vous bien ? Je devrais plutôt parler des oignons car il en existe de nombreuses variétés.

Un peu de botanique pour commencer :
L'oignon est une plante herbacée vivace par son bulbe unique du genre Allium de la famille des Liliaceae de l'ordre des Liliiades selon la classification Cronquist (*) de 1981 ou de l'ordre des Asparagales de la famille des Amaryllidaceae de la sous famille Allioideae selon la classification APG III (*) de 2009. Quand on sait ça on peut briller !!

Classification administrative :
Il en existe plus de 1000 variétés ou échalions inscrites au catalogue européen des espèces et variétés dont 50 sont inscrites au catalogue officiel français. Parmi ces dernières, 3 sont sur la liste "sans valeur intrinsèque" auparavant "variétés pour amateurs" et 1 sur la liste des variétés de conservation (oignon rouge d'Abbeville).

Labellisation :
Certaines variétés font l'objet d'une AOC. C'est le cas de l'oignon doux des Cévennes depuis 2003 ou de l'oignon de Roscoff depuis 2009.
Nos voisins italiens ont une AOP pour le Cipollotto nocerino depuis 2008 et une IGP pour le Cipolla Rossa di Tropea Calabria depuis 2008 également.
Nos voisins espagnols ont une AOP pour la Cebolla Fuentes de Elbro depuis 2010.

Historique :
L'oignon est une plante connue et cultivée depuis des millénaires. Il est sans doute issu d'une espèce sauvage d'Asie centrale. Sa domestication remonte à plusieurs milliers d'années et aurait eu lieu dans le Balouchistan (*).

Utilisation :
Tout à la fois légume et condiment l'oignon se consomme cru ou cuit.

Pourquoi pleure-t'on ?
C'est à cause de la molécule appelée 1-propényl L-cysteine sulfoxyde issue de la coupe de l'oignon. Une fois dans l'air elle se transforme en sulfate de diallyle qui au contact des yeux se transforme en acide sulfurique. A ce moment le corps produit des larmes pour se protéger. Pour s'en défendre, on peut mettre des lunettes de plongée ou pour diminuer le risque refroidir les oignons au réfrigérateur pendant 2 ou 3 heures avant de les couper.

Types et variétés :
Il existe 4 types d'oignons, les blancs, les jaunes, les roses et les rouges et de très nombreuses variétés au sein de ces types.
Quelques variétés parmi les plus connues :
• Oignons blancs :Oignon de Malakoff ; Oignon de Paris ; Le Gros blanc de Lisbonne.
• Oignons jaunes : Oignon de Mulhouse ; Oignon de Lézignan ; Oignon jaune des Cévennes.
• Oignons roses : Oignon rose de Roscoff ; Oignon rouge de Toulouse ; Oignon de Keravel (type Roscoff).
• Oignons rouges : Oignon de Brunswick ; Oignon de Florence ; Oignon Véronique.

Voici un aperçu du monde de l'oignon.

(*) Cronsquist: Système de classification taxonomique de plantes à fleurs.
(*) APG III : 3e version de la classification botanique phylogénétique des angiospermes établie par l'Angiosperm Phylogeny Group. Cette classification est construite à la base de deux gènes chloroplastiques et un gène nucléaire de ribosome,
(*) Baloutchistan : C'est une région d’Asie, partagée entre, à l’ouest, l’Iran, au sein du Sistan-et-Baloutchistan, au nord, l’Afghanistan, et à l’est, la province pakistanaise du Baloutchistan.

Sources : Wikipedia, E-sante, Classification APGIII 

Parcelles et propriétaires un casse-tête administratif pour la PAC
Les subsides de la PAC sont régis par des dispositifs très précis.

A partir du 15 mai, tous les agriculteurs bénéficiant des aides de la PAC devront être en mesure de présenter une autorisation écrite des propriétaires des parcelles qu'ils exploitent. Ce n'est pas simple du tout en fonction des régions. C'est le cas dans les Cévennes où, bien souvent, les autorisations et accords remontent à plusieurs générations. Retrouver l'identité du propriétaire actuel est pratiquement impossible.

C'est le cas de Sylvain Balmelle, exploitant 25 hectares dans les Cévennes ardéchoises :
• "La spécificité de notre territoire, c'est du découpage parcellaire très restreint, quelques centaines de mètres carrés, parfois. On peut avoir plusieurs propriétaires le long d'une même pâture et certaines parcelles ont plusieurs indivisions".
• "Il y a des propriétaires que l'on ne connaît plus physiquement dont on a obtenu des autorisations orales, d'utiliser les terres. La deuxième problématique, ce sont les propriétaires qui ne veulent pas signer de documents écrits, mais qui nous donnent bien volontiers l'utilisation des terres à l'oral".

Le risque pour les exploitants, s'ils n'arrivent pas à retrouver les propriétaires actuels, est de devoir sortir les terres de la PAC et ainsi perdre des subsides. Les terres ne seront plus exploitées et donc entretenues ce qui provoquera des risques importants d'incendie dans ces régions sèches.

La Chambre d'agriculture de l'Ardèche préconise que la déclaration incombe aux propriétaires et non plus aux exploitants afin de soulager les exploitants mais aussi de limiter les fraudes possibles.
Comme le dit Aurélien Mourier, président de la Chambre d'agriculture d'Ardèche :
• "Tout propriétaire a l'obligation de cultiver ou de faire cultiver ses surfaces agricoles. De fait, ces contrôles-là n'ont pas lieu sur les propriétaires et ont lieu sur les agriculteurs. Ce n'est pas une bonne mesure si on veut préserver la vitalité économique, pastorale, agricole de nos territoires".

La préfecture assure discuter avec le ministère et l'Union européenne pour trouver des solutions. Le risque est de voir disparaître l'activité d'élevage sur les zones où le recueillement des signatures et les vérifications sont les plus difficiles.

Source : France3-régions / S. Allec et T. Gomes 

Les engrais et la guerre du golfe
Le 13 mai, suite à une réunion avec les responsables de filières, les producteurs, les distributeurs d’engrais et les instituts techniques agricoles, Annie Genevard, ministre de l'agriculture a lancé un comité exceptionnel de crise sur les engrais. Sa mission est de surveiller les prix, les stocks, les flux et de réaliser les adaptations nécessaires. La ministre assure par ailleurs que 90 % des besoins pour la campagne actuelle sont couverts, pour autant la vigilance est de mise.

L'enjeu est de taille précise la ministre car les engrais sont un élément essentiel de notre souveraineté alimentaire.

La Copa-Cogeca (*) se mobilise le 19 mai à Bruxelles pour demander la suspension du MACF(*) sur les engrais . Courant mars la ministre avait annoncé un grand plan engrais afin de venir en aide aux agriculteurs touchés par la guerre Iran-USA. Elle souhaite adapter certains dispositifs et notamment le MACF. Ce plan sera présenté devant le parlement européen le 19 mai. Si la Commission européenne n'entend pas suspendre ce dispositif, elle prévoit des aides directes.

(*)Copa : Comité des organisations professionnelles agricoles de l'Union européennes représente plus de 22 millions d'agriculteurs
(*)Cogeca : Confédération générale des coopératives agricoles regroupent certaines organisations syndicales et professionnelles agricoles et coopératives
(*) MACF:Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières

Source : Réussir / Gaétan Merminod 

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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